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Poésie Mosaïque. Atelier du 2 juillet 2026

eviemercier
9 juil.
3 min de lecture

Lisez lentement les six poèmes.

Dans chacun, choisissez :

  • Au moins 6 fragments,

  • un provenant de chaque poème.


Disposez vos fragments devant vous.

Construire ensemble un seul poème.

  • utiliser au moins un fragment de chaque auteur ;

  • ajouter des phrases personnelles ;

  • trouver un titre commun.


  • Sensation

    Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,

    Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :

    Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

    Je laisserai le vent baigner ma tête nue.


    Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

    Mais l’amour infini me montera dans l’âme,

    Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,

    Par la Nature, – heureux comme avec une femme.



    Rimbaud

    Green Paul Verlaine

    Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches

    Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.

    Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches

    Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.


    J’arrive tout couvert encore de rosée

    Que le vent du matin vient glacer à mon front.

    Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée

    Rêve des chers instants qui la délasseront.


    Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête

    Toute sonore encor de vos derniers baisers ;

    Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête.

    Et que je dorme un peu puisque vous reposez.


    Un soir d’été Guillaume Apollinaire

    Le Rhin

    Qui coule

    Un train

    Qui roule


    Des nixes blanches

    Sont en prière

    Dans la bruyère


    Toutes les filles

    À la fontaine

    J’ai tant de peine


    J’ai tant d’amour

    Dit la plus belle

    Qu’il soit fidèle


    Et moi je l’aime

    Dit sa marraine

    J’ai la migraine


    À la fontaine

    J’ai tant de haine


    Saisons Lucie Delarue-Mardrus

    En mai, dans le jardin où tous deux cheminions,

    La rosée allumait au soleil ses facettes ;

    Les branches soupesaient indolemment leurs fruits

    Encor verts par-dessus les grillages détruits ;

    En août, nos doigts gourmands ont laissé des fossettes

    Dans la ronde chair rouge et verte des brugnons.


    En octobre, les fruits ne seront plus aux branches,

    L’automne répandra sa légère rousseur ;

    Décembre nous rendra les lampes et la table,

    Mais ta bouche est un fruit rouge, mûr et durable,

    Et mes dents y viendront mordre de si bon cœur

    Que j’oublierai l’hiver et ses pelouses blanches.



    L’Inquiet Désir Anna de Noailles

    Voici l’été encor, la chaleur, la clarté,

    La renaissance simple et paisible des plantes,

    Les matins vifs, les tièdes nuits, les journées lentes,

    La joie et le tourment dans l’âme rapportés.


    • Voici le temps de rêve et de douce folie

      Où le cœur, que l’odeur du jour vient enivrer,

      Se livre au tendre ennui de toujours espérer

      L’éclosion soudaine et bonne de la vie,


    Le cœur monte et s’ébat dans l’air mol et fleuri.


    • Mon cœur, qu’attendez-vous de la chaude journée,

      Est-ce le clair réveil de l’enfance étonnée

      Qui regarde, s’élance, ouvre les mains et rit ?


    Est-ce l’essor naïf et bondissant des rêves

    Qui se blessaient aux chocs de leur emportement,

    Est-ce le goût du temps passé, du temps clément,

    Où l’âme sans effort sentait monter sa sève ?


    Ah ! mon cœur, vous n’aurez plus jamais d’autre bien

    Que d’espérer l’Amour et les jeux qui l’escortent,

    Et vous savez pourtant le mal que vous apporte

    Ce dieu tout irrité des combats dont il vient…





    L’été 92

Imposait ses touffeurs

S’agrippait à nos corps

Brouillait de son éclat

L’enchevêtrement des rues

Le défilé des cars

Le cortège des touristes

Égayaient Paris

L’hirondelle fantasque

Accompagnait nos rires

Ailleurs

Cris et coups martelaient la terre

Plaies et cendres se succédaient

A l’image :

Faces gercées

Filaments de bras

Regards taris

Torses arides

Massacres et ruines

La mort vorace

Partout

Ce fut pourtant l’été

Des Jeux de Barcelone

L’été d’amours naissantes

Sous l’étoile de juillet.

(Andrée Chedid)

Et en lisant, découpant, écrivant, les participantes ont écrit

Les fragments découpés sont en caractères gras.

L'été 92

Sous l'étoile de juillet, je rêve

Voir l'été encor, la chaleur, la clarté et la douceur du matin

qui accueille

le défilé des cars

Dans l'enchevêtrement des rues.

Au loin, voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches

Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour toi

comme la renaissance simple et paisible des plantes

Le coeur monte et s'ébat dans l'air moi et fleuri.

Et , je laisserai le vent baigner ma tête nue.

J'ai tant d'amour pour toi, l'ETE

J'adore les matins vifs, les tièdes nuits, les journées lentes.

Les soirées familiales, à la campagne,

où chacun de nous, enfants, en août 92,

de nos doigts gourmands ont laissé des fossettes

dans la ronde chair rouge et verte des brugnons.

Mais, l'été passe trop vite, le voilà qui se prépare à laisser sa place;

L'automne reprendra sa légère rousseur;

Et je pense toujours, à toi, toi, été, qui n'es que douceur.

Elisabeth, Gigi, Simona

2 juillet 2026


 
 
 

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